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Les loot boxes dans le collimateur de l’Autorité de régulation des jeux en ligne

24 novembre 2017

Interpellée par le sénateur Jérôme Durain au sujet des loot boxes, l’Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL) a confirmé qu’elle s’intéressait de près aux système, tous comme les autorités européennes et américaine.

Alors que l’organisme de défense des consommateurs UFC Que Chosir a mis en garde les joueurs contre les dérives inhérentes aux loot boxes, et demandé à l’ARJEL qu’elles soit considérées comme « des loteries payantes intégrées aux jeux vidéos comme des jeux d’argent », l’autorité régulatrice a indiqué qu’elle se penchait sur la question depuis plusieurs mois déjà via un courrier adressé par son Président, Charles Coppolani, au sénateur Jérôme Durain.

« Le phénomène des loot boxes, qui tendent à se généraliser dans les jeux vidéos, me préoccupe, comme vous. Il tend en effet à introduire dans cette activité ludique ouverte à tous une dimension financière, qui, comme nous l’avions pressenti en 2016, présent des risques pour nos concitoyens, et notamment les plus jeunes. Ces risques sont très proches de ceux qui caractérisent l’addication aux jeux d’argent. Il convient d’être très vigilant », peut-on lire dans la lettre.

Charles Coppolani, qui souligne que les services de l’ARJEL se penchent actuellement sur le phénomène, admet que des dérives sont bien présentes, et que les réactions des joueurs eux-mêmes constituent un bon indicateur. « Les polémiques autour du jeu Star Wars Battlefront II que vous citez le démontrent. Dès lors que l’achat du jeu et les qualités d’adresse du joueur ne permettent pas d’atteindre leur but, les joueurs s’estiment floués, d’autant que les montants exigés sont importants – environ 2.100 dollars d’achats de coffres aléatoires, ou 4.528 heures de jeu pour accéder à l’intégralité du jeu », poursuit le Président de l’ARJEL dans son courrier.

Selon lui, il convient de traiter trois dérives majeures relatives aux offres de loot boxes actuellement sur le marché : des transactions quasi obligatoires dans le cours du jeu et qui se rajoutent au prix d’achat initial, sans que le joueur en ait été clairement informé ; ce qui relève du domaine de la protection du consommateur ; un produit totalement aléatoire qui revient à introduire un jeu payant de loterie dans un jeu vidéo, qui est le fondement de l’enquête menée actuellement par la Commission des jeux de hasard belge sur le jeu Star Wars Battlefront II mais également une dérive par rapport aux pratiques habituelles du pay to win (le joueur sait précisément ce qu’il achète et peut ainsi disposer d’une meilleure maîtrise de ses dépensés) ; enfin, dans certains jeux, le joueur a la possibilité de revendre en monnaie réelle des gains remportés sous forme d’objets virtuels ou encore des niveaux de jeux, soit sur le site de jeu proprement dit, soit sur un site dédié.

« Si la combinaison de ces trois éléments fait basculer dans le jeu d’argent, chacun d’entre eux présente à lui tout seul des risques qu’il convient de traiter », estime-t-il, indiquant qu’à cet effet, l’ARJEL entreprend, « outre la réalisation d’une typologie des « différentes pratiques à risque » en développement sur les jeux vidéo, une action en trois volets, qui comprend un travail en commun avec la DGCCRF pour tout ce qui relève de la protection de consommateurs ; une réflexion commune avec plusieurs régulateurs européens préoccupés au même titre que l’ARJEL par le développement de ces jeux « à la frontière des jeux d’argent » ; ainsi qu’une réflexion sur la définition française du jeu d’argent dans le cadre du rapport de suivi actuellement en cours à l’Assemblée Nationale, au sein du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques sur l’évolution de la régulation des jeux d’argent et de hasard en France ».

Enfin, il indique que « si une régulation de ce secteur sur le modèle de l’ARJEL semble peu envisageable à court terme, il convient toutefois de s’interroger sur les limites du choix de l’autorégulation face à une industrie qui, pour satisfaire un besoin de renouvellement permanent, serait amenée à introduire sous des formes variées, toujours plus d’argent et donc toujours plus de risques pour nos concitoyens ».

 

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