Casino légal en France
Jouer au casino en ligne sur les sites agréés de jeux d'argent autorisés par la France
Alors que le débat autour de la légalisation des casinos en ligne continue d'animer le secteur des jeux d'argent en France, le Groupe Partouche affiche une position qui peut sembler paradoxale au premier abord. Opposé à une ouverture précipitée du marché français, le casinotier exploite pourtant déjà une plateforme de casino en ligne en Suisse et se prépare activement à une éventuelle évolution réglementaire.
Dans un long entretien accordé au média Les Enjeux, Fabrice Paire, président du directoire du Groupe Partouche, livre sa vision d'un sujet qui pourrait profondément transformer l'industrie des casinos français dans les années à venir.
Contrairement à certaines idées reçues, Partouche ne rejette pas le principe du casino en ligne. Le groupe critique avant tout la manière dont le sujet a été introduit dans le débat politique français.
À l'automne 2024, un amendement visant à ouvrir le marché des casinos en ligne avait été intégré au projet de loi de finances avant d'être retiré face à la mobilisation de l'ensemble du secteur. Pour Fabrice Paire, cette tentative avait été menée sans véritable concertation avec les acteurs concernés.
Selon lui, une réforme aussi importante ne peut pas être décidée uniquement dans une logique de recherche de nouvelles recettes fiscales. Elle doit prendre en compte les conséquences économiques, sociales et territoriales qu'une telle ouverture pourrait engendrer.
Cette position est d'ailleurs partagée par une grande partie de l'écosystème français des jeux d'argent, des casinos terrestres aux organismes de prévention des addictions.
L'un des arguments les plus intéressants avancés par le dirigeant de Partouche repose sur l'expérience suisse.
Le groupe exploite en effet Pasino.ch, une plateforme de casino en ligne autorisée sur le marché helvétique. Cette présence offre à Partouche un retour d'expérience concret sur le fonctionnement d'un marché régulé.
Or, plusieurs années après la légalisation des casinos en ligne en Suisse, le constat dressé par Fabrice Paire est nuancé. Selon lui, une part importante de l'activité reste captée par des opérateurs illégaux malgré l'existence d'une offre réglementée.
Cette réalité remet en question l'argument souvent avancé selon lequel la légalisation permettrait automatiquement de faire disparaître le marché noir.
Pour Partouche, la Suisse démontre qu'une régulation efficace nécessite bien davantage qu'une simple ouverture du marché.
S'il devait choisir un modèle pour la France, Fabrice Paire cite clairement les exemples belge et suisse.
Dans ces deux pays, les licences de casino en ligne sont principalement réservées aux opérateurs déjà présents dans le secteur terrestre. Cette approche vise à préserver l'équilibre économique des établissements physiques tout en leur permettant de développer une activité numérique complémentaire.
Pour le dirigeant, cette solution présente plusieurs avantages :
protéger les investissements réalisés dans les casinos terrestres ;
préserver les milliers d'emplois liés au secteur ;
maintenir l'attractivité des établissements physiques ;
limiter l'arrivée massive d'opérateurs internationaux déjà très puissants.
Partouche estime qu'une ouverture totalement libre du marché risquerait de fragiliser de nombreux casinos français, notamment les plus petits établissements implantés dans des villes moyennes ou des stations touristiques.
L'un des points les plus marquants de l'entretien concerne la comparaison avec l'ouverture du marché du poker en ligne au début des années 2010.
À cette époque, plusieurs opérateurs qui exerçaient déjà sur le marché gris avaient obtenu des licences françaises. Grâce à leur avance technologique, à leurs bases de données clients et à leurs moyens marketing considérables, ils ont rapidement dominé le secteur.
Partouche faisait alors partie des groupes traditionnels qui avaient tenté de concurrencer ces nouveaux acteurs.
Selon Fabrice Paire, cette expérience a laissé des traces et constitue aujourd'hui un avertissement pour le dossier du casino en ligne. Le groupe redoute que le même scénario se reproduise si la France ouvre brutalement son marché à l'ensemble des opérateurs internationaux.
Le débat intervient dans un contexte où les sites de casino en ligne non autorisés connaissent une popularité croissante auprès des joueurs français.
Plusieurs études évoquent désormais plusieurs millions d'utilisateurs fréquentant régulièrement des plateformes offshore. Pour de nombreux observateurs, cette situation rend de plus en plus difficile le maintien du statu quo réglementaire.
Partouche reconnaît cette réalité mais considère qu'une légalisation mal encadrée pourrait créer davantage de problèmes qu'elle n'en résoudrait.
Le groupe plaide donc pour une approche progressive et contrôlée qui tiendrait compte des spécificités du marché français.
Malgré ses réserves, le groupe ne reste pas immobile.
L'exploitation de Pasino.ch permet à Partouche d'acquérir une expertise précieuse dans le domaine du casino en ligne : gestion des plateformes, acquisition de joueurs, conformité réglementaire, lutte contre la fraude et outils de jeu responsable.
Cette expérience pourrait constituer un avantage stratégique important si la France venait un jour à autoriser les jeux de casino en ligne.
Fabrice Paire le reconnaît d'ailleurs sans détour : si le marché français s'ouvre demain, Partouche entend être prêt.
Le dossier du casino en ligne apparaît aujourd'hui comme l'un des enjeux majeurs pour l'industrie française des jeux d'argent.
Entre les partisans d'une ouverture rapide afin de canaliser le marché illégal et les défenseurs d'une approche plus protectrice des casinos terrestres, le débat reste loin d'être tranché.
À travers les déclarations de Fabrice Paire, une ligne directrice se dessine néanmoins clairement : Partouche ne s'oppose pas au numérique, mais souhaite éviter que la France reproduise les erreurs commises lors de l'ouverture du poker en ligne.
Pour le groupe, la question n'est donc plus de savoir si le casino en ligne sera un jour autorisé en France, mais dans quelles conditions cette évolution pourra se faire sans fragiliser un secteur qui représente près de 200 casinos, des milliers d'emplois et une activité économique importante dans de nombreux territoires.
Source : entretien de Fabrice Paire (Groupe Partouche) publié par Les Enjeux le 12 juin 2026.
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